Kodomma: Festival culturel Moussey/Marba

Pendant cinq jours durant, au rythme de tam-tam et d’autres instruments mélodieux, la culture Moussey/Marba était à la fleur de lune. C’est la ville de Gobo au Cameroun, située dans le bec du canard, qui a accueilli cette 12eme édition de Kodomma qui a drainé une foule en liesse.

Kodomma un est nom générique qui désigne de nos jours le festival culturel Moussey/Marba. Ce festival se passe chaque année dans l’intervalle de mars à mai. Il rassemble tout le peuple Moussey/ Marba soucié  de la sauvegarde de son patrimoine culturel en perte des valeurs authentiques. Du point de vue général, il y a toujours exhibitions des danses traditionnelles et d’autres pratiques culturelles du peuple Moussey/Marba. C’est le moment folklorique le plus attendu pour les visiteurs, les touristes, les anthropologues et sociologues. Environ trente-six danses ont été exhibées et douze autres pratiques culturelles. Les plus remarquables sont Vayguehga (la danse des initiés) de Djarao et de Gaya, Kodomma (une danse qu’on exécute généralement pendant la fête de Lune) de Gounou, de tagal et Gobo, fulla (la danse des femmes voyantes), Dalanga (la danse de tout le village au clair de la lune) de Gobo et des jeunes de Yagoua, Ciwna (la pêche) de Domo, Kaldè (miss Kodomma), courses hippiques, les artistes modernes et traditionnels…

Cependant de temps en temps, le festival culturel Kodomma cherche à aller au-delà de son caractère festif pour embrasser des problématiques de développement, de l’éducation et de la cohabitation pacifique. Un projet de développement et d’éducation ne peut être possible que si la paix est maintenue. Donc le mot paix et développement ont été les mots les plus entendus et utilisés par les festivaliers. Kodomma doit soutenir des initiatives de développement et de paix. Sur ce, les leaders pour la promotion et la sauvegarde de la culture Moussey/Marba en sont conscients. C’est ce qui justifie leur participation active dans la résolution des conflits dans le Mayo-Kebbi et la dans la Tandjilé (MKT). D’où le thème de cette année : « tradition Moussey et développement ». Néanmoins, si on s’interrogeait sur l’au-delà du caractère festif et le non-dit de Kodomma ?

Du moment où beaucoup d’autres peuples adhèrent en masse à Kodomma, les méfiances demeurent toujours entre les élites de la Kabbia. Y a –t-il enquille sous roche ? Ou quel est le prix à payer de cette adhésion ? Les progressistes parmi lesquels se trouve le Président du Conseil d’Administration de l’Université Emi Koussi sont pour une ouverture de la culture Moussey/Marba. Ils sont comme le pensait ce savant africain, Léopold Sedar SENGHOR, la culture doit toujours au « rendez-vous, de donner et de recevoir ». Mais, les conservateurs quant à eux, sont méfiants quant à l’adhésion d’autres peuples à Kodomma. Et pourtant, le peuple Banana est UN et INDIVISIBLE ! Si sous la quatrième République les mouvements à caractères ethniques sont formellement interdits, tout porte à croire que c’est les progressistes qui sont sur la voie qui conduit au salut de ce patrimoine culturel national qui est KODOMMA. Pour être pérenne, Kodomma doit savoir prendre de risque en s’ouvrant à d’autres cultures.

L’Université Emi Koussi, après avoir soutenu d’autres peuples dans des initiatives culturelles, a été représentée au festival par son vice-président Dr BEASSOUM Casimir et la forte délégation qui l’a accompagné.  Interrogé, il se dit très satisfait de l’évènement. Le soutien qu’apporte chaque année l’Université Emi Koussi à Kodomma est de taille. L’UNEK comme toujours, a mis à la disposition des festivaliers ses voitures pour les amener à Gobo, elle a offert de centaines de bourses aux étudiants et l’an dernier l’Université Emi Koussi via son département de santé, a organisé une campagne de dépistage dans toute la Kabbia… La belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. L’Université Emi Koussi fait ce qu’elle peut pour accompagner la jeunesse tchadienne, afin qu’ensemble qu’elles atteignent le Sommet du Savoir.

HAM-LONA SEMKADI Laurent, envoyé spécial

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